Cannabis : « T’as l’bon gêne… ou tu d’viens schizophrène ? »

10 mars 2014 Non Par Robert Galibert

 

Certains fument du cannabis tout au long de leur vie, et soutiennent que cela ne leur a jamais posé aucun problème… Mais veulent tout de même s’arrêter (allez savoir pourquoi ?).

D’autres fument une fois et font un « bad trip » (mauvais délire), d’autres fument des années sans problème, puis plongent du jour au lendemain dans un enfer peuplé de crises d’angoisse, dépression voire schizophrénie…

Aucune règle semble-t-il … Beaucoup trop de facteurs entrent en jeu pour en tirer des conclusions fiables : la quantité de joints fumés par jour, la « qualité » (le taux de THC contenu dans le produit fumé), l’âge auquel l’individu commence, les problèmes auxquels l’individu doit faire face, etc…

Tout ceci fait qu’une nébuleuse flotte à ce propos, certains jurant de son innocuité, d’autres le décriant ouvertement. Pourquoi tant de disparité ?

L’INSERM apporte aujourd’hui un élément concret pouvant permettre d’éclairer scientifiquement le sujet et mettre un peu d’ordre dans toutes ces élucubrations. Un facteur indéniable rentrerait en jeu dans la sensibilité au cannabis, un élément à l’origine de nombreuses inégalités entre individus : la prédisposition génétique.

L’enquête révèle que 44% des 3800 étudiants interrogés ont déjà fumé du cannabis, ces résultats étant cohérents avec d’autres enquêtes déjà réalisées sur la population générale. Plus important, l’enquête révèle qu’un étudiant sur 5 a déjà ressenti un effet de type psychotique après avoir fumé du cannabis…

Les drogues agissent au sein de l’organisme en se fixant sur des récepteurs à la surface des cellules. L’INSERM a donc entrepris d’étudier le gène codant pour le récepteur cérébral aux cannabinoïdes appelé CNR1. Les premiers résultats suggèrent que 30% des personnes soumises au test génétique sont porteurs d’une variante du gène (haplotype AAA) qui serait moins souvent associée aux épisodes psychotiques.

Qu’en est-il donc des 70% restants, dépourvus de cette forme à priori « protectrice » ?

Même si les résultats sont encore préliminaires et qu’ils ouvrent la porte à de nombreuses autres recherches, ce qu’il faut retenir de cette étude, ce n’est pas que 30% de la population est « protégée naturellement » contre les effets psychotiques secondaires (car une prédisposition moins importante ne signifie pas protection !), mais plutôt que 70% de la population est bel et bien en danger … !

Mais nous ne parlons, là encore, que d’une partie des effets délétères du cannabis : la relation avec les épisodes psychotiques dont la schizophrénie. Et quand bien même certains en seraient « protégés », la toxicité physiologique, les modifications des perceptions, la capacité à penser et la mémoire sont altérés…

Oui, la vérité c’est que le cannabis n’est pas une « drogue douce » que certains voudraient voir légalisée, c’est une drogue « lente », vicieuse, et dont il est vital de connaître les véritables effets AVANT de commencer !

Les bénévoles de l’association Non à la drogue, oui à la vie étaient présents  ce samedi 8 mars au métro Bougainville à Marseille pour distribuer gratuitement les livrets de la série « la vérité sur la drogue ». Ils sont conçus dans ce sens et  expliquent ce qu’est une drogue, comment les drogues agissent dans l’organisme et donnent les effets à court et à long terme des diverses drogues les plus courantes, telles l’alcool, le cannabis, l’ecstasy, l’héroïne, la cocaïne, le crack, le LSD, les antidouleurs, les drogues psychotropes prescrites, la ritaline, les drogues par inhalation.

Pour obtenir davantage d’information sur les actions de l’association ou pour télécharger gratuitement les brochures « La vérité sur la drogue », visitez le site internet : www.nonaladrogue.org

Contact presse : Robert Galibert : 04 42 03 56 60 / 06 20 51 17 57 , info.drogue@gmail.com ou www.cestquoiladrogue.fr